La puissance de l’allaitement – BASTET

Vers la fin du XXIème siècle, les femmes ont commencé à revendiquer leurs droits.  Un siècle plus tard, dans leurs combats comptait le droit à allaiter, à disposer de pauses de travail pour pouvoir allaiter et de lieux appropriés.

Mais dans les années 60, elles ont voulu se défaire de leur rôle de «femmes/mères au foyer». Nombreuses sont celles qui pensaient que tout ce qui faisaient d’elles des femmes étaient source d’oppression. Elles mettaient leur bébé en crèche au plus tôt sans nécessité, ne se permettaient aucune compassion envers leur nouveau-né, et surtout, n’allaitaient pas.
Les bébés, dressés à l’autonomie forcée, ne voyaient pas leurs besoins reconnus et étaient presque rejetés avec toute la maternité et ce qu’elle représentait pour les féministes de cette époque…

Aujourd’hui, les féministes rejetant en bloc la maternité et tout ce qui y a trait se font plus rares, heureusement. Néanmoins, beaucoup refusent encore l’allaitement sous le prétexte d’être pro-choix.

Mais un choix dominé par quels arguments ? Bien souvent, par confusion entre le rôle sexuel et le rôle nourricier, maternant du sein, ce qui en fin de compte est extrêmement réducteur pour la femme, dont les seins ne sont pas là pour satisfaire le regard des hommes.
La deuxième raison qui revient régulièrement serait de «faire participer le papa», de ne pas le mettre à l’écart. En fait, sous couvert du féminisme, les femmes qui opposent à l’allaitement cette raison ne revendiquent pas le pouvoir que leur confère leur corps. Pensent-elles vraiment qu’un bout de plastique peut faire aussi bien que ce qui a été fait sur mesure par Mère Nature pour nourrir nos enfants et pérenniser l’espèce humaine ?

C’est assez contradictoire de se revendiquer féministe et de rejeter ce qui fait de nous des femmes. Et plutôt très bête d’imaginer qu’on puisse tendre vers une égalité hommes-femmes sur le plan physique…
Il semble en effet indispensable, dans une optique féministe, d’avoir et de revendiquer notre pouvoir de contrôle sur les éléments importants de notre vie, comme la façon d’accoucher, d’élever et de nourrir nos bébés.

En outre, comme vous le savez certainement, l’allaitement produit de l’ocytocine, hormone du plaisir et de l’amour, dans le corps de la maman et du bébé. Or penser à soi, s’aimer pour ce qu’on est (et non à travers le regard des autres) et surtout, accepter les sources de plaisir font partie des fondements du féminisme.

L’allaitement rend la femme indépendante sur le plan financier et économique remettant ainsi en cause le stéréotype de la femme-consommatrice ; libre et compétente dans son maternage (pas besoin de suivre des règles de quantités, de durée, d’horaires) ; autonome dans sa capacité à fournir à son bébé ce dont il a besoin et enfin, la généralisation de l’allaitement nécessiterait des changements structurels et sociaux qui amélioreraient la condition des femmes et leur accorderaient la reconnaissance qu’elles méritent.

Je conclurai par mon expérience personnelle : je ne me suis jamais sentie aussi fière de moi, de mon corps, que depuis que j’allaite ma fille de 20 mois. Je n’ai jamais autant eu le sentiment de faire ce que je dois faire, d’être au bon moment au bon endroit. Le papa a une relation magnifique avec sa fille et notre trio nous semble parfaitement équilibré, l’amour parfaitement et adéquatement partagé.

Nous y sommes tous gagnants, le papa qui s’est créé d’autres privilèges «bien à lui», notre fille qui aime tant téter et qui se crée un système immunitaire au top, et moi qui suis fière et heureuse de nourrir ma fille du lait que mon corps produit pour elle.

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